Assurance-vie · Fiscalité 2026
Fiscalité de l’assurance-vie : calculer un rachat et comprendre les abattements
Lors d’un rachat d’assurance-vie, seuls les gains compris dans le retrait entrent dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Après huit ans, un abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 € peut le réduire. Les prélèvements sociaux et la transmission au décès obéissent à des règles distinctes : voici comment éviter de mélanger les bases et les taux.

Préparer vos questions avant une décision
Présentez votre objectif et les documents dont vous disposez pour un premier échange avec Sentinel.
Ce contact ne fournit ni simulation fiscale automatique, ni tarif d’assurance-vie, ni recommandation de placement personnalisée. Les opérations doivent être vérifiées avec l’assureur et, selon votre situation, votre conseil fiscal ou notaire.Les quatre données à réunir avant de calculer
Ce guide concerne principalement une assurance-vie d’épargne ordinaire détenue par un particulier résident fiscal français. Un rachat, une sortie en rente et un capital versé au décès suivent des régimes différents. Les contrats anciens, la non-résidence et certains contrats spécifiques exigent une vérification distincte.
| Information | Pourquoi elle compte |
|---|---|
| Date d’ouverture du contrat | Elle permet d’apprécier le seuil des huit ans |
| Dates des versements | Les gains des primes versées avant et depuis le 27 septembre 2017 ne suivent pas le même régime |
| Capital restant non remboursé et valeur actuelle | Ils servent à calculer la part de gains du rachat |
| Autres contrats et rachats de l’année | Le seuil de 150 000 € et l’abattement annuel ne s’apprécient pas contrat par contrat |
Ne confondez pas âge du contrat et âge de l’assuré. Les huit ans concernent surtout l’impôt lors des rachats ; les 70 ans interviennent dans certains régimes de transmission au décès. Un nouveau versement sur un contrat existant ne crée pas automatiquement un nouveau contrat de huit ans.
Rachat partiel : isoler les gains compris dans le retrait
Un retrait comprend généralement une part de capital versé et une part de gains. Pour un contrat en gain, le calcul de principe est :
La valeur et les primes sont celles retenues à la date du rachat. Après des retraits antérieurs, il faut retirer du capital fiscal les primes déjà remboursées.
Le BOFiP détaille la méthode et les rachats successifs. Faites confirmer la ventilation par l’assureur, notamment si votre historique comporte plusieurs compartiments fiscaux ou des opérations particulières.
Exemple : retirer 20 000 € d’un contrat valant 100 000 €
Hypothèses fictives : 80 000 € de primes restant à rembourser, valeur de 100 000 €, aucun retrait antérieur. La proportion de gains est de 20 %. Le retrait de 20 000 € contient donc 16 000 € de capital et 4 000 € de gains. L’impôt sur le revenu ne se calcule pas sur les 20 000 €.
Après ce retrait, les primes non remboursées ne sont plus de 80 000 €, mais de 64 000 €. Pour un prochain retrait, il faudra utiliser la nouvelle valeur du contrat et ce capital fiscal actualisé, en intégrant les éventuels nouveaux versements.
Si le contrat est en perte, n’utilisez pas mécaniquement une formule donnant un impôt négatif. L’administration prévoit une méthode particulière de plafonnement du capital remboursé. Le relevé de l’assureur doit en tenir compte.
Quel taux d’impôt selon la date des primes et les huit ans ?
Le tableau présente les règles ordinaires de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux sont traités séparément. L’éventuel impôt définitif après huit ans se calcule en tenant compte de l’abattement disponible.
| Primes concernées | Ancienneté lors du rachat | Impôt sur le revenu |
|---|---|---|
| Depuis le 27 septembre 2017 | Moins de huit ans | Taux forfaitaire de 12,8 %, ou barème sur option globale |
| Depuis le 27 septembre 2017 | Huit ans ou plus | 7,5 % sur la fraction éligible au seuil de 150 000 € ; 12,8 % sur l’autre fraction, ou barème sur option globale |
| Avant le 27 septembre 2017 | Huit ans ou plus | Barème progressif ou prélèvement forfaitaire libératoire de 7,5 % sur option |
| Contrats ou primes anciens particuliers | À vérifier | Des exonérations ou règles spécifiques peuvent s’appliquer |
Les anciens tableaux affichent aussi des taux libératoires de 35 % avant quatre ans et 15 % entre quatre et huit ans pour les primes antérieures au 27 septembre 2017. En octobre 2026, un contrat ordinaire ayant reçu ces primes a normalement déjà plus de huit ans : ces lignes historiques ne doivent pas faire croire qu’un versement récent sur ce contrat repart au taux de 35 %.
La DGFiP distingue les régimes de rachats et le prélèvement réalisé par l’assureur. L’option pour le barème des revenus relevant du PFU est globale pour l’année : comparez son effet sur tous les revenus mobiliers et plus-values concernés, pas seulement sur ce retrait.
4 600 € ou 9 200 € : un abattement sur les gains, tous contrats confondus
Après huit ans, l’abattement annuel d’impôt sur le revenu est de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé imposé en commun. Il ne s’agit ni d’une limite de retrait ni d’un abattement supplémentaire pour chaque contrat.
Dans notre exemple, une personne seule qui n’a utilisé aucun abattement sur d’autres rachats peut absorber les 4 000 € de gains. L’impôt définitif sur le revenu peut alors être nul, malgré un retrait de 20 000 €. Si elle a déjà retiré 3 000 € de gains éligibles ailleurs la même année, il ne reste que 1 600 € d’abattement : 2 400 € de ces nouveaux gains restent à examiner pour l’impôt.
Le détail de l’abattement figure sur Service Public. Un abattement non utilisé ne devient pas un crédit reportable indéfiniment. Un fractionnement entre années peut modifier le résultat fiscal, mais doit rester compatible avec votre besoin de liquidité, les délais, les frais et le risque de marché.
150 000 € : un seuil de primes, pas la valeur maximale d’un contrat
Pour les gains des versements effectués depuis le 27 septembre 2017, l’accès au taux de 7,5 % après huit ans dépend du montant global des primes non remboursées. Le seuil s’apprécie selon les règles fiscales sur l’ensemble des contrats concernés, au 31 décembre de l’année précédant le rachat.
Ce n’est pas simplement la valeur actuelle du contrat. Un contrat valorisé au-dessus de 150 000 € grâce aux gains n’implique pas nécessairement que les primes franchissent ce seuil. À l’inverse, deux contrats contenant chacun 100 000 € de primes ne permettent pas de compter deux seuils indépendants.
Le dépassement ne fait pas forcément basculer tous les gains à 12,8 %. Une répartition peut être nécessaire ; les primes antérieures à septembre 2017 interviennent aussi dans le calcul de la fraction éligible. Demandez la ventilation à l’assureur et signalez l’existence des autres contrats. Le ministère de l’Économie explique l’appréciation globale du seuil.
Prélèvements sociaux en 2026 : pourquoi 17,2 % reste le repère ordinaire
La hausse à 18,6 % de nombreux revenus de placement en 2026 ne s’applique pas indistinctement à l’assurance-vie. Les produits des contrats ordinaires avec valeur de rachat ou garantie d’un capital à terme restent en principe à 17,2 %. Les contrats rente-survie et épargne-handicap constituent une exception indiquée par l’administration.
La fiche DGFiP assurance-vie et PEA précise cette distinction. Sur les supports en euros, des prélèvements sociaux sont réalisés pendant la vie du contrat. À la sortie, il faut tenir compte de ce qui a déjà été prélevé : ne calculez pas une seconde fois 17,2 % sur les mêmes gains sans examiner le décompte.
L’abattement de 4 600 € ou 9 200 € concerne l’impôt sur le revenu. Il n’annule pas, à lui seul, les prélèvements sociaux. Les situations anciennes ou spécifiques et les cas d’exonération doivent être vérifiés séparément.
Exemple complet : impôt définitif et montant reçu ne coïncident pas toujours
Reprenons les 20 000 € retirés, dont 4 000 € de gains. Hypothèses : primes depuis le 27 septembre 2017, personne seule, aucun autre rachat de l’année, taux de 7,5 % entièrement applicable après huit ans, gains soumis à 17,2 % sans prélèvements sociaux déjà acquittés, aucun frais de sortie et aucune dispense d’acompte.
| Poste | Avant huit ans | Après huit ans |
|---|---|---|
| Gains du rachat | 4 000 € | 4 000 € |
| Acompte d’impôt prélevé | 512 € à 12,8 % | 300 € à 7,5 % |
| Prélèvements sociaux dans ces hypothèses | 688 € | 688 € |
| Somme reçue immédiatement | 18 800 € | 19 012 € |
| Impôt définitif sur le revenu, sans option barème | 512 € | 0 € après abattement disponible |
| Régularisation liée à cet acompte | Pas d’excédent dans cet exemple | 300 € imputés ou restitués selon la situation fiscale |
| Net après régularisation liée au retrait | 18 800 € | 19 312 € |
Ce calcul est pédagogique, pas une simulation de votre contrat. En présence de gains déjà soumis aux prélèvements sociaux, d’autres rachats, de plusieurs compartiments ou d’une option fiscale différente, le décompte change. Demandez à l’assureur un montant brut, un montant net payé et la ventilation fiscale.
Dispense d’acompte : une démarche distincte de l’exonération
La dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire peut être demandée sous condition de revenu fiscal de référence de l’année N−2 : moins de 25 000 € pour une personne seule ou moins de 50 000 € pour un couple imposé en commun. Pour des revenus encaissés en 2026, le repère est le revenu fiscal de référence de 2024.
La DGFiP précise que, pour l’assurance-vie, la demande peut être formulée au plus tard à l’encaissement des revenus. Ne transposez donc pas automatiquement le 30 novembre de l’année précédente, date usuelle d’autres produits. Anticipez néanmoins auprès de l’assureur pour qu’il traite l’attestation avant le paiement.
La dispense évite l’avance d’impôt concernée. Elle ne supprime ni l’obligation de déclaration, ni l’impôt définitif éventuellement dû, ni les prélèvements sociaux.
Au décès : distinguer les 152 500 € des 30 500 €
Les abattements de transmission n’ont pas le même objet que l’abattement annuel des rachats. Le régime dépend notamment des dates du contrat et des primes, de l’âge lors du versement, du bénéficiaire et de la résidence fiscale.
| Situation | Base et abattement | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Capitaux relevant de l’article 990 I, généralement primes avant 70 ans dans le régime récent | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour un même assuré, tous contrats concernés confondus | 20 % sur les 700 000 premiers euros de part taxable après abattement, puis 31,25 % |
| Primes relevant de l’article 757 B, généralement versées après 70 ans sur contrats concernés | Droits de succession sur les primes dépassant un abattement global de 30 500 € | Abattement partagé, pas 30 500 € pour chaque bénéficiaire ; gains hors de cette assiette de primes |
| Conjoint survivant ou partenaire de Pacs | Exonération selon le régime applicable | Ne pas confondre partenaire de Pacs et concubin |
| Contrats anciens ou situation internationale | Règles particulières | Ne pas appliquer le tableau récent sans contrôler les dates |
Exemple sous l’article 990 I : une part taxable avant abattement de 200 000 €, sans autre capital reçu du même assuré et sans autre particularité, laisse 47 500 € après l’abattement de 152 500 €. Au taux de 20 %, le prélèvement illustratif est de 9 500 €.
Le seuil de 700 000 € porte sur la part taxable après abattement. Il ne faut pas le lire comme une borne de capital brut de 700 000 €. Le BOFiP détaille ce calcul. La DGFiP présente les régimes selon les dates et les bénéficiaires.
Une clause bénéficiaire mal adaptée ne se corrige pas par un taux fiscal favorable. Pour replacer la transmission dans vos objectifs, lisez notre guide assurance-vie et patrimoine. Les situations de démembrement, de primes manifestement exagérées ou de succession internationale doivent être examinées avec un professionnel compétent.
La checklist avant de demander un rachat
- Obtenir la valeur de rachat et les primes restant fiscalement à rembourser.
- Demander les gains inclus dans l’opération, ventilés selon la date des primes.
- Recenser les rachats déjà réalisés cette année sur tous les contrats.
- Vérifier la part de l’abattement encore disponible et le seuil global de primes.
- Distinguer acompte d’impôt, prélèvements sociaux déjà payés et montants encore dus.
- Comparer l’option au barème sur l’ensemble des revenus concernés.
- Vérifier les frais, le délai de paiement et le caractère total ou partiel du rachat.
- Conserver l’imprimé fiscal unique et contrôler la déclaration préremplie avec la notice de l’année.
Certains événements, comme un licenciement ou une invalidité répondant aux conditions légales, peuvent ouvrir un régime d’exonération. Ne les assimilez pas à toute baisse de revenus : demandez les justificatifs, le délai applicable et le traitement séparé des prélèvements sociaux.
Le rachat total clôt le contrat ; le rachat partiel le laisse subsister. La fiscalité n’est qu’un critère de décision : les frais, le risque des supports et la disponibilité doivent aussi être examinés. Voir épargner avec l’assurance-vie et évaluer la qualité d’un contrat.
Questions fréquentes sur la fiscalité de l’assurance-vie
Peut-on retirer plus de 4 600 € sans impôt sur le revenu ?
Oui, selon les gains compris dans le retrait et l’abattement disponible après huit ans. Les 4 600 € concernent les gains d’une personne seule, pas le montant total retiré. Les prélèvements sociaux restent à examiner séparément.
Les huit ans se calculent-ils depuis chaque versement ?
En principe, l’ancienneté est celle du contrat. La date de chaque versement reste néanmoins importante pour identifier le régime fiscal de ses gains, notamment avant ou depuis le 27 septembre 2017.
Le capital versé est-il taxé lors d’un rachat ?
La fraction qui correspond aux primes remboursées n’est pas un gain imposable à l’impôt sur le revenu. Un rachat partiel se ventile entre capital et produits selon les règles fiscales, et non au choix du souscripteur.
Peut-on retirer seulement le capital et laisser tous les gains ?
On ne choisit pas librement cette ventilation fiscale. Le rachat partiel comporte une fraction de produits calculée au prorata selon la valeur et les primes restant à rembourser.
Pourquoi l’assureur prélève-t-il 7,5 % alors que mes gains sont sous l’abattement ?
Pour les primes concernées, ce prélèvement est un acompte. L’impôt définitif est calculé après déclaration en tenant compte de l’abattement et des autres éléments. L’excédent est imputé ou restitué. Une dispense d’acompte peut être demandée sous conditions.
La dispense d’acompte doit-elle toujours être demandée avant le 30 novembre ?
Non. Pour les produits d’assurance-vie, impots.gouv.fr prévoit une demande au plus tard à l’encaissement. Anticipez avec l’assureur pour le traitement pratique. La dispense ne vaut pas exonération définitive.
Le seuil de 150 000 € s’applique-t-il par assureur ?
Non. Il s’apprécie globalement selon les règles fiscales sur les primes non remboursées des contrats concernés. Répartir les contrats entre assureurs ne crée pas plusieurs seuils.
L’assurance-vie passe-t-elle à 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026 ?
Les produits des contrats ordinaires avec valeur de rachat ou garantie d’un capital à terme restent en principe à 17,2 %. L’administration prévoit notamment une exception pour les contrats rente-survie et épargne-handicap. Vérifiez la nature de votre contrat.
Les prélèvements sociaux disparaissent-ils après huit ans ?
Non. L’abattement annuel réduit l’assiette de l’impôt sur le revenu, pas celle des prélèvements sociaux. Le décompte doit aussi tenir compte des prélèvements déjà effectués pendant la vie du contrat.
Faut-il choisir le barème progressif si l’on est peu imposé ?
Il faut comparer les résultats. L’option pour le barème des revenus relevant du PFU est globale pour l’année et peut affecter d’autres revenus mobiliers et plus-values. Une décision fondée sur ce seul rachat peut être inadaptée.
Ouvrir plusieurs contrats multiplie-t-il les abattements ?
Non pour l’abattement annuel des rachats. Au décès, les 152 500 € s’apprécient par bénéficiaire pour un même assuré sur les contrats concernés ; les 30 500 € relèvent d’un abattement global partagé dans leur régime.
Les versements après 70 ans deviennent-ils totalement taxables au décès ?
Pas nécessairement. Dans le régime de l’article 757 B, les primes concernées dépassant l’abattement global de 30 500 € relèvent des droits de succession ; les gains ne sont pas inclus dans cette assiette. Les autres abattements, exonérations et dates doivent être vérifiés.
Les versements d’assurance-vie sont-ils déductibles comme ceux d’un PER ?
Les versements d’une assurance-vie d’épargne ordinaire ne sont pas déductibles du revenu sur ce modèle. Le PER suit un régime distinct, avec ses propres conditions à l’entrée et à la sortie.
Puis-je utiliser ce guide si je réside fiscalement à l’étranger ?
Les règles françaises présentées pour un résident ne doivent pas être transposées automatiquement. Vérifiez la résidence, les conventions fiscales, la nature du contrat et les obligations déclaratives avec les administrations et conseils compétents.
Décider à partir du net et de votre objectif
Avant toute opération, obtenez une simulation distinguant capital, gains, acompte, impôt définitif et prélèvements sociaux. Comparez ensuite le montant disponible à votre besoin réel. Une économie fiscale ne compense pas automatiquement des frais élevés, un risque inadapté ou la perte d’ancienneté d’un contrat clôturé.
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Ce contact ne fournit ni simulation fiscale automatique, ni tarif d’assurance-vie, ni recommandation de placement personnalisée. Les opérations doivent être vérifiées avec l’assureur et, selon votre situation, votre conseil fiscal ou notaire.Sources et périmètre
Règles vérifiées le 25 octobre 2026 auprès de la DGFiP, du BOFiP, du ministère de l’Économie et de Service Public. Les liens accompagnent les calculs et règles. Exemples fictifs, sans rendement annoncé ni conseil fiscal individuel. Le guide traite le régime ordinaire résident ; les contrats anciens, la non-résidence, les rentes et transmissions particulières demandent une étude distincte.
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