De nombreux conducteurs pensent que le malus est l’unique critère utilisé par les assureurs pour évaluer le risque. Pourtant, dans la pratique, une sinistralité élevée peut entraîner une résiliation même lorsque le coefficient bonus-malus reste modéré.
Cette confusion alimente un sentiment d’injustice chez les assurés. Comprendre la différence entre sinistralité et malus est essentiel pour anticiper les décisions des compagnies et éviter une résiliation brutale du contrat auto.
Le malus : un indicateur réglementé et limité
Le bonus-malus est un mécanisme légal encadré par le Code des assurances. Il s’applique principalement aux sinistres responsables et vise à ajuster la prime en fonction du comportement du conducteur.
Son calcul est normé, transparent et identique d’un assureur à l’autre. Il ne prend toutefois pas en compte l’ensemble des sinistres ni leur coût réel pour la compagnie.
La sinistralité : une analyse globale du risque
La sinistralité correspond à l’ensemble des sinistres déclarés sur un contrat, qu’ils soient responsables ou non. Elle inclut également leur fréquence, leur nature et leur coût total.
Contrairement au malus, la sinistralité n’est pas réglementée. Chaque assureur l’analyse selon ses propres critères économiques et sa politique de gestion des risques.
Pourquoi un conducteur peut-il être résilié sans malus élevé ?
Des sinistres non responsables répétés
Les sinistres non responsables n’augmentent pas le malus, mais ils génèrent tout de même des coûts pour l’assureur. Lorsqu’ils sont fréquents, ils traduisent une exposition au risque jugée excessive.
Un coût d’indemnisation trop élevé
Un sinistre grave, même isolé, peut peser lourdement sur la rentabilité du contrat. L’assureur raisonne avant tout en termes de coût global, et non uniquement de responsabilité.
Une accumulation d’événements sur une courte période
Plusieurs sinistres rapprochés, même mineurs, peuvent suffire à classer le dossier comme à risque élevé, indépendamment du coefficient bonus-malus.
Tableau – Différences entre sinistralité et malus
| Critère | Malus | Sinistralité |
|---|---|---|
| Encadrement légal | Oui | Non |
| Sinistres pris en compte | Responsables | Tous |
| Impact possible | Majoration de prime | Résiliation du contrat |
Les conséquences concrètes pour l’assuré
Un conducteur peut se retrouver résilié sans comprendre la décision, car son malus reste faible. Pourtant, du point de vue de l’assureur, la sinistralité rend le contrat non rentable.
Cette situation nécessite une approche spécifique pour retrouver une assurance, souvent différente de celle adoptée par les profils uniquement malussés.
Analyse de notre expert en assurance auto
Cette analyse est réalisée par Stéphane Boulanger, conseiller du cabinet Sentinel, courtier en assurances immatriculé à l’ORIAS, spécialisé dans les dossiers de sinistralité élevée.
La majorité des incompréhensions entre assurés et compagnies provient de cette distinction entre malus réglementé et sinistralité analysée librement.
Questions fréquentes
Peut-on être résilié avec un bonus ?
Oui. Une sinistralité élevée peut entraîner une résiliation
même avec un bonus.
Le malus protège-t-il contre la résiliation ?
Non. Il ne reflète pas le coût global des sinistres.
Faut-il déclarer tous les sinistres ?
Oui. Une non-déclaration peut entraîner des sanctions plus graves.
Comprendre votre situation après sinistralité
Une analyse personnalisée permet de déterminer si votre résiliation est liée à la sinistralité, au malus, ou aux deux, et d’identifier les solutions adaptées.
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